mercredi 10 juin 2015

Avant les ténèbres


C’est dans les Marches d’Orlandie que j’ai décidé de voyager après avoir quitté, sans trop de regrets, la cité de Havrefer de Richard Ford. Un vaste royaume soudainement déserté par les mages partis se réfugier dans les Franges Féériques pour échapper à une bien étrange maladie, un fléau implacable qui ne touche qu’eux. De la fantasy à nouveau, donc, dans un court roman d’introduction aux Chroniques de la Mort Blanche, dont le premier tome est réédité ce mois-ci aux éditions du 38, en numérique pour commencer, mais très bientôt en format papier.

Avant les ténèbres, puisque tel est son titre, nous propose toute une galerie de personnages. Il y a tout d’abord Lorcan, un jeune limier des Marches du Sud, employé comme guide par deux jeunes apprentis mages, Arline et Sean, qui enquêtent sur les causes de la Mort Blanche. Tous deux sont également accompagnés de leurs familiers, un oiseau et un renard, et de Ferhian le troll. Il y a aussi Parshah, combattante féline des provinces animales, Endrew, nouveau Haut-Roi autoproclamé, Ijane la nécromancienne, ou encore Deirdre. Vous allez me dire que cela fait peut-être un peu beaucoup, et vous n’aurez pas complètement tort. Les premiers chapitres sont effectivement un petit peu laborieux à lire parce qu’on commence par s’y perdre, mais on s’y fait, vous verrez !

Ce qui m’a davantage perturbée, c’est que tout va très vite dans ce roman, trop vite, ce qui nous amène à suivre nos héros avec une espèce de détachement un peu déstabilisant. De toute évidence, Nicolas Cluzeau maîtrise parfaitement son sujet, et il a peut-être un petit peu tendance à oublier que ce n’est pas forcément notre cas. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les multiples références, survolées, aux diverses contrées, organisations et pratiques n’enrichissent pas vraiment le récit, elles perdent le lecteur faute d’être suffisamment détaillées. Et c’est bien dommage car l’imaginaire de M. Cluzeau m’a tout l’air d’être chatoyant ! Son intrigue, mariant magie et politique, est plutôt originale et intrigante pourtant, avec plusieurs sous-intrigues qui convergent, mais l’ensemble est un peu laborieux, on a du mal à s’y immerger.

J'ai envie de dire que le récit aurait énormément gagné à être étoffé. Alors oui, il s’agit du premier tome d’une saga et on peut légitimement s’attendre à en apprendre davantage dans la suite, mais en tant qu’introduction, il doit donner envie de creuser, de s’attarder dans cet univers. L'épilogue apporte enfin quelques éléments de réponse concernant la magie, mais c'est bien bien tard. L’écriture est agréable, bien qu’un peu complexe par moment, mais sans longueur. Le style est assez visuel, mais l’impression qui prédomine, c’est quand même celle d’être resté à la surface des choses, et en fantasy, quand on invente un univers de toute pièce, ça pardonne rarement. Une impression mitigée donc pour ce roman que je vous engage néanmoins à découvrir par vous-même, afin de vous faire votre propre opinion. Et n'hésitez pas à passer en discuter !

Note : ★★☆☆☆

Plus d'informations

Chroniques de la Mort Blanche, tome 1 : Avant les ténèbres, de Nicolas Cluzeau
Editions du 38 (2015) - 213 pages - Lu en format ePub - Fantasy


Les magiciens, garants de la paix dans l’Archipel, désertent les Marches de l’Orlandie pour se réfugier dans leurs domaines des Franges féériques. Pourtant ils n’y trouvent pas la paix. La mort blanche, fléau inexpliqué et implacable, qui ne décime que les êtres doués de magie, les infecte les uns après les autres. Derniers porteurs d’espoir, deux jeunes magiciens, un troll puissant et un limier humain se mettent en route vers la Tour d’Émeraude où ils pensent pouvoir trouver les clefs de ce mystère. Délaissé par les magiciens gardiens de l’ordre, le reste de l’Orlandie est à la merci du féroce seigneur Endrew qui se proclame Haut-Roi et menace de destruction tous les territoires qui refusent son autorité. De dangereux alliés l’assistent dans ses noirs desseins et l’Archipel sombre dans une guerre sanglante…

2 commentaires:

  1. Bon alors moi qui ne suis pas Fantasy des tonnes...il ne me tente pas. Pas grave !

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    1. Moi j'aime la fantasy, mais le problème, c'est qu'à force d'en lire, on devient très exigeant. ;o)

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