dimanche 7 août 2016

The revolution of Ivy, de Amy Engel


Souvenez-vous, The book of Ivy s’achevait sur une situation dramatique pour la jeune Ivy : accusée de trahison, elle était bannie de Westfall, exclue de l’autre côté de la barrière. The revolution of Ivy reprend là où le premier tome s’était arrêté, et nous la retrouvons, seule et terrifiée, mais néanmoins décidée à survivre à cette nouvelle épreuve. C’est donc avec ce second volume qu’Amy Engel clôture les aventures de son héroïne, mais il semble malheureusement que l’âme de cette histoire soit restée en arrière, dans la petite communauté de Westfall.

En effet, cet opus est assez court, et il ne s’y passe pas grand-chose, il faut bien le reconnaître. Dans toute la première partie, Ivy est seule, en proie à des démons qu’elle refuse pourtant d’affronter, ne serait-ce qu’en s’interrogeant sur le bien fondé de ce qu’elle a fait ou pas fait à Westfall. Elle fonctionne en zombie, résignée, et marche sans fin dans l’espoir de trouver d’autres survivants. Qu’elle finit par trouver, au demeurant, et ils sont plutôt sympathiques, mais comme presque tout dans ce roman, ils manquent cruellement de consistance.

L’intrigue est extrêmement prévisible, tout est cousu de fil blanc, sans surprise ni aucun retournement de situation. Les événements se déroulent exactement de la manière dont on devine qu’ils vont se dérouler, sans la moindre prise de risque. En réalité, Ivy n’est elle-même jamais réellement en difficulté, finalement. L’univers dystopique est presque oublié, à quelques détails près, et tout tourne autour des possibles retrouvailles entre Ivy et Bishop. Pour une révolution (celle du titre de cet opus), c’est complètement raté, tout est beaucoup trop lisse.

Le final lui-même m’a laissée de glace, tout va beaucoup trop vite, les choses sont à peine survolées. Et à cause de ce vrai manque de profondeur, on se retrouve à lire machinalement, avec indifférence et sans réelle émotion. Un roman à conseiller en début de collège, pas davantage, les ados plus âgés risquant de clairement rester sur leur faim. Dommage de clôturer cette saga, qui avait pourtant du potentiel, sur une telle fausse note.

Note : ★★☆☆☆

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The book of Ivy, tome 2 : The revolution of Ivy, de Amy Engel
Éditions Lumen (2015) - 322 pages - Support numérique - Ados & YA

J'ai tout perdu. Mon foyer. Ma famille. L'homme que j'aime. Ce serait si facile de capituler, de fermer les yeux et d'attendre que la faim et la soif aient raison de moi. Ou bien qu'une bête sauvage me trouve. Ou même un autre survivant... Mais je refuse d'abandonner. J'en ai terminé avec la lâcheté. Il est temps pour moi d'agir, enfin. Bishop me l'avait bien dit, cet univers hostile ne pardonne pas la moindre erreur. Et au-delà de la barrière, c'est encore pire. L'hiver approche, et si je veux survivre, il va me falloir trouver de l'eau, des vivres, un abri. D'autres condamnés avec lesquels m'allier. Mais surtout, je vais devoir faire un choix : dois-je oublier ma vie d'avant, me venger de ceux qui m'ont trahie... ou mener, purement et simplement, la révolution ? Car je ne suis plus une Westfall, ni une Lattimer. Simplement Ivy. Et je suis enfin libre.

Site de l'auteur : http://amyengel.net/

mercredi 3 août 2016

L'héritier, de Pierre Pevel


J’avais été séduite par Le chevalier, première partie de la saga de fantasy intitulée Haut-Royaume, de ce grand auteur qu’est Pierre Pevel, au point d’en faire un de mes coups de cœur de l’année 2013. Et bien L’héritier, le second tome, a résolument pris le même chemin, pas moyen d’y couper ! Nous avions laissé Lorn, notre héros, dans une situation pour le moins désespérée, nous étions sur des charbons ardents à son sujet, mais en digne auteur sadique et soucieux de ménager son suspens, ce n’est pas avec lui que Pierre Pevel ouvre cette nouvelle histoire !

En effet, la première partie de L’héritier est consacrée à Alan, ce fameux prince Aldéran, fils cadet du Haut-Roi, meilleur ami de Lorn mais aussi et surtout en seconde position dans l’ordre de succession à la couronne du Haut-Royaume. C’est un jeune homme bien différent de Lorn, sympathique jusqu’à l’exubérance, courageux et noble, il aurait tout pour faire un roi adulé de ses sujets. C’est sur ses pas que l’on découvre les intrigues et complots qui se répandent dans tout le royaume, alors que le roi se meurt et que la guerre avec la belle et fière cité d’Arcante semble inévitable. Avant de retrouver Lorn, plus énigmatique que jamais, aux prises avec l’Obscure qui prend de plus en plus de place en lui.

L’univers de Pierre Pevel se fait plus dense encore que dans le premier tome, on découvre de nouvelles contrées, de nouveaux peuples et de nouveaux personnages surtout. On réalise la puissance de l’Obscure et ce qu’elle peut faire faire à un homme bon et noble comme Lorn, le transformant peu à peu, l’incitant à laisser libre cours à ses plus noirs instincts, comme la vengeance. On s’interroge sur l’assemblée des Ir’kans, toujours aussi énigmatique, et sur le devenir du Haut-Royaume dont une obscure prophétie annonce la déchéance. Il est aussi question de courage, de noblesse et de loyauté...

Entre rebondissements, révélations et batailles épiques, on ne s’ennuie pas une seconde avec L’héritier, et je l’ai littéralement dévoré ! Une aventure réellement haletante, tourmentée, mais menée d’une main de maître. Quant au dénouement de ce second volume, il laisse présager une suite tout aussi passionnante, avec un coup de théâtre final qui nous fait trépigner d’impatience. Pour patienter justement, Pierre Pevel nous propose de découvrir une autre contrée du Haut-Royaume dans un spin-off, une trilogie baptisée Les sept cités. Une histoire qui se déroule à Samarcande, en parallèle de celle de Lorn et Alan. Et devinez ! Je vais me la procurer de ce pas !

Note : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

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Haut-Royaume, tome 2 : L'héritier, de Pierre Pevel
Éditions Bragelonne (2014) - 498 pages - Support numérique - Fantasy

Après les derniers événements qui ont déchiré le Haut-Royaume, le prince Alan a pris le commandement de la garde d'Onyx, garante de l'autorité du souverain. Mais la reine, aussi ambitieuse qu'impitoyable, est bien décidée à gouverner à la place de son époux mourant. Menacé par la guerre civile et les luttes de pouvoir, le royaume se trouve plus divisé que jamais. Les desseins du Dragon du Destin sont obscurs, mais ils finissent toujours par s'accomplir.

mardi 26 juillet 2016

Phobos : Origines, de Victor Dixen


Si vous faîtes partie de ceux qui ont lu les deux premiers tomes de la pétillante saga Phobos, de Victor Dixen et que, comme moi, vous regrettiez de ne pas en avoir appris davantage sur les six prétendants, alors Phobos : Origines est fait pour vous. Il ne s’agit pas du troisième tome de la saga, comme certains l’ont cru un moment, mais bel et bien d’une préquelle qui dévoile les origines de chacun des six participants au programme. Et leur donne pour nous, lecteurs, cette consistance qui leur manquait un peu jusqu’ici.

Le livre est donc découpé en six parties, chacune dédiée à un candidat. On apprend quelle était leur vie avant qu’ils ne rejoignent l’émission, quelles sont leurs motivations pour aller sur Mars lors d’un voyage qu’ils savent sans retour, dans l’espoir de fonder une famille avec une illustre inconnue. Tous ont une histoire pour le moins dramatique, et c’est précisément la raison pour laquelle Serena les a choisis. Car à chaque page, la télé-réalité garde une importance primordiale. Ainsi l’auteur alterne les parties filmées issues des archives du programme, et la narration habituelle, plus intimiste.

Les différents backgrounds sont très soignés, on sent bien que l’auteur s’est appliqué à ne négliger aucun des candidats, même si certaines histoires sont évidemment un poil plus abouties que les autres, comme celles de Mozart et Marcus. Chaque partie nous montre un peu plus le vrai visage de Serena, et il n’est guère brillant. En effet, dès les prémices du programme, cette femme savait précisément où elle voulait aller, quel type de candidats il lui fallait pour mener à bien sa télé-réalité, et mettre tous les atouts de son côté pour engranger un maximum d’argent. Elle est habile au point d’en être effrayante, et si les candidats ne le devinent pas, le lecteur, lui, sait précisément où cela va les mener, et c’est presque pire !  

Pour être tout à fait honnête, je craignais que ce hors-série n’ait pas grand intérêt. Ça sentait le truc commercial à plein nez, et je freinais des quatre fers. Au final, j’avoue avec plaisir m’être complètement trompée, car bien qu’il soit en marge de la série, il lui est à mon sens absolument nécessaire. Il nous apporte de nombreux éléments pour mieux comprendre les garçons et leurs réactions sur Mars, et au final, nous attacher à eux. C’est toujours avec une belle efficacité que Victor nous entraîne sur ses pas. Et moi qui avait moyennement apprécié le second tome, j’ai presque envie de le relire, à présent que je suis à même de porter un nouvel œil sur les garçons. Rien d’autre à dire que vivement le tome 3 !

Note : ★★

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Phobos : Origines, de Victor Dixen
Éditions Robert Laffont (2016) - 300 pages - Support numérique - Ados et YA

Ils incarnent l'avenir de l'Humanité. Six garçons doivent être sélectionnés pour le programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à fonder la première colonie humaine sur Mars. Les élus seront choisis parmi des millions de candidats pour leurs compétences, leur courage et, bien sûr, leur potentiel de séduction. Ils dissimulent un lourd passé. Le courage suffit-il pour partir en aller simple vers un monde inconnu ? La peur, la culpabilité ou la folie ne sont-elles pas plus puissantes encore ? Le programme Genesis a-t-il dit toute la vérité aux spectateurs sur les "héros de l'espace" ? Ils doivent faire le choix de leur vie, avant qu'il ne soit trop tard.

Site de l'auteur : http://victordixen.com/

mercredi 20 juillet 2016

Voleurs de lumière, de Sylvie Kaufhold


Il y a quelques années, Sylvie m’a proposé de découvrir en avant-première un texte court de sa production intitulé Les passeurs de lumière. J’avoue qu’à ma grande honte, je ne me rappelle plus des détails de l’histoire, mais en revanche, je me souviens parfaitement d’un univers original et mystérieux dans lequel j’aurais beaucoup aimé prolonger l’aventure. Et il se trouve que c’est précisément celui de Voleurs de lumière. Vous n’imaginez pas le plaisir que j’ai eu à le retrouver !

Nous sommes dans une cité-bulle des territoires de l’Ombre, une cité où la lumière se paie à prix fort, et où les pauvres gens vivent donc avec le minimum de lumière syndical, soit quelques chiches heures par jour, au mieux. A quelques encablures, de l’autre côté d’une sombre forêt glauque à souhait et peuplée d’effrayantes créatures, la ville des passeurs, un endroit où il est possible de passer les portes de la lumière pour quitter ce monde vers... un monde meilleur. Au sens propre ou au figuré ? Nul n’est jamais revenu pour le dire.

Le récit s’attache aux pas de Gwen, jeune fille aux cheveux de feu, accusée de sorcellerie à cause de sa chevelure rousse, et sauvée in extremis par le Vieux, qui fera d’elle la plus grande voleuse de la cité. Devenue adulte, on la retrouve alors qu’elle s’apprête à commettre le casse d’une vie : voler le contenu des coffres des passeurs de lumière. Dans toute la première partie du récit, on fait connaissance avec Gwen, un personnage intéressant et sympathique, une jeune femme indépendante et éprise de liberté, une héroïne attachante comme on les aime, qui éclipse presque complètement les autres personnages de cette histoire. Mais j’imagine que c’est voulu, c’est son histoire que l’on nous conte ici.

Vient ensuite le fameux casse. Sa mise en place pour commencer, avec Lorenz notamment, ancien amant et organisateur hors pair, et son protégé, le jeune Till ; la marche périlleuse à travers la forêt pour gagner la cité des passeurs de lumière, puis le vol lui-même. Une histoire courte, bien trop courte parce qu’on aurait envie de rester plus longtemps dans cet univers, d’obtenir plus d’informations sur le pourquoi du comment de cette cité-bulle et de son obscurité, sur ce qu’il y a de l’autre côté des portes aussi, et l’avenir de nos héros. Le dénouement est un peu abrupt et encore une fois, on aimerait davantage de détails. Il y aurait vraiment matière à écrire quelque chose de plus abouti, et j’espère que Sylvie s’y résoudra un jour parce que je serai alors la première à me jeter dessus.

Vous l’aurez deviné, j’ai beaucoup aimé ! Un univers fascinant, un personnage féminin attachant et plein de panache, une intrigue sympathique et une plume enlevée. Si vous cherchez une courte lecture de fantasy entre deux pavés, Voleurs de lumière saura immanquablement vous combler.

Note : ★★

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Voleurs de lumière, de Sylvie Kaufhold
Éditions du 38 (2015) - 47 pages - Support numérique - Nouvelles & Recueils

Grâce au vieux qui l'a recueillie, Gwen a développé ses aptitudes particulières, et elle est devenue voleuse d’élite. Elle exerce ses talents dans la cité bulle du consul Leroy, où l’obscurité engloutit les hommes et la lumière s’achète à prix d’or. Lorenz, son ancien amant, lui propose un contrat périlleux, au-delà des forêts obscures, au cœur de la ville des passeurs de lumière. Pour réussir, la jeune femme devra affronter ses peurs et accepter ses origines.

Site de l'auteur : http://sk082010.wix.com/sylviekaufhold

lundi 18 juillet 2016

Le coma des mortels, de Maxime Chattam


On se retrouve aujourd’hui avec la chronique du dernier roman en date de Maxime Chattam, Le coma des mortels. J’ai quasiment tout lu de lui, et les habitués d’eTemporel savent qu’il s’agit de l’un de mes auteurs favoris. Ce qui ne signifie pas que j’ai adoré tous ses romans mais une grande majorité, disons. Pourtant là, autant l’avouer tout de suite, je suis complètement passée à côté. Quand, du thriller plutôt gore, il est passé au fantastique jeunesse, j’ai suivi sans sourciller ; quand, du fantastique jeunesse, il est passé au roman noir, je lui ai emboîté le pas bien volontiers. Mais là, je crois que c’était tout simplement la fois de trop.

Comment vous décrire ce roman ? Bien que sa maison d’édition annonce un nouveau thriller dans son argumentaire de presse, l’auteur quant à lui se défend d’en avoir écrit un. Et en effet, Le coma des mortels n’est pas un thriller, il n’en a ni le suspens, ni la tension, il ne procure aucune sensation forte. C’est un ovni au sein l’univers chattamesque, un ovni tout court en fait. C’est l’histoire d’un trentenaire mal dans sa peau qui, après s’être fait largué par sa petite amie qu’il a trompée, décide de faire table rase de son passé, et de tout recommencer.

Dans sa nouvelle vie, il rencontrera tour à tour une passionnée de théâtre, une collectionneuse de suicides, une soigneuse de zoo, un chef de la sécurité qui rêve de se débarrasser de ceux qu’il n’aime pas à coups de pelle, un super-héros qui retrouve les objets perdus, une blogueuse du néant, un psy(chopathe)... tout un tas de personnages plus singuliers les uns que les autres, qui vont avoir une fâcheuse tendance à décéder sur son passage. Une histoire qui se veut sombre, mais qui s’est surtout avérée pour moi très ennuyeuse. Pierre, le personnage principal, le dit lui-même : il est égoïste, et ce n’est rien de le dire. Il est égocentrique au possible, et semble convaincu d’être le centre du monde. Il passe son temps à geindre sur sa situation, sans rien faire pour l’améliorer. En un mot, il est insupportable.

Il est question de sexe, de religion, de dépression, du sens de la vie, du bien et du mal... Il ne manque que la politique à ce tableau idyllique ! Si je me cantonne essentiellement aux littératures de l’imaginaire et aux thrillers, c’est justement pour ne pas avoir à me prendre la tête avec ce genre de sujets. Le style est presque pompeux, et comme l’a dit Cajou dans sa chronique : « j'ai eu l'impression de lire un délire intello-philosophico-mégalo-chiant » ! Je ne saurais mieux dire. Une œuvre à part dans la biographie de Maxime Chattam, et en ce qui me concerne, j’espère juste qu’elle le restera.

Note : ★★☆☆☆

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Le coma des mortels, de Maxime Chattam
Albin Michel (2016) - 389 pages - Support numérique - Littérature contemporaine

Qui est Pierre ? Et d'ailleurs se nomme-t-il vraiment Pierre ? Un rêveur ? Un affabulateur ? Un assassin ? Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui. Et rarement de mort naturelle. Rebondissements incessants, métamorphoses, humour grinçant... Un livre aussi fascinant que dérangeant, en quête d'une vérité des personnages qui se dérobe sans cesse. Un roman noir virtuose dont l'univers singulier n'est pas sans évoquer celui d'un cinéma ou David Lynch filmerait Amélie Poulain.

Site de l'auteur : http://www.maximechattam.com/blog/