mardi 27 septembre 2016

When the going gets tough, de Cécile Duquenne


On se retrouve aujourd’hui avec la chronique du tout dernier épisode de la première saison des Foulards Rouges, de Cécile Duquenne. Un épisode en forme de dénouement qui, je l’avoue, me laisse un peu nostalgique de quitter l’univers si particulier de Bagne, pour revenir sur Terre. Nostalgique, mais curieuse aussi, de découvrir quelle version de la planète bleue nous réserve Cécile dans la saison deux. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs et revenons à nos moutons !

On retrouve Lara et Renaud précisément là où nous les avions laissés dans l’épisode précédent. Ils ont réussi à échapper à leurs ennemis en volant un vaisseau du Parti pour la Paix. Il est l’heure de l’évasion tant attendue, la vraie ! Mais par obligation ou pour faire taire leurs scrupules, les voilà qui embarquent tous les occupants de l’hacienda, ce qui ne va pas manquer de générer de nouveaux problèmes... Un épisode qui se déroule exclusivement dans l’espace. On y retrouve tous les codes de la science-fiction version space-opera. On y parle de vaisseaux, de trous noirs, du froid glacial de l’espace...

Soit, mais moi ce qui me plaisait, c’était Bagne et son petit côté western steampunk ! Pour le coup, j’ai le sentiment de ne plus être à ma place, mais qu’à cela ne tienne, l’écriture de Cécile reste fluide et addictive. L’arrivée sur Terre soulève de nouvelles questions, concernant le fameux Parti pour la Paix, Franny ou encore l’identité de Renaud et ses toutes dernières révélations murmurées à l’oreille du Capitan juste avant le crash. La plume est enlevée, et le lecteur est tour à tour amusé, effrayé, intrigué, touché, le tout dans un joli kaléidoscope d’émotions. Un épisode bien rythmé assorti du cliffhanger de fin de saison tant attendu !

Au final, il est quand même intéressant de constater que ce qui s’avérait être pour moi, au début, une expérience inédite est devenu une belle habitude de lecture. Les feuilletons littéraires, je ne pratiquais pas avant de commencer Les Foulards Rouges, et à l’heure actuelle, je n’ai plus envie de m’en passer, et c’est bien grâce à Cécile ! Cette saga reste pour moi une belle réussite, et je ne doute pas une seconde de lire la suite.

Note : ★★★★☆

Plus d'informations

Les Foulards Rouges, épisode 1x07 : When the going gets tough, de Cécile Duquenne
Éditions Bragelonne (2014) - 66 pages - Support numérique - Feuilletons littéraires

Ça y est, Lara, Renaud, le Capitan et un certain nombre d’autres Bagnards quittent enfin le sol de la planète-prison. Destination ? La Terre... Mais il faut payer chèrement sa liberté, et dans l’espace, le danger est partout : dans les vaisseaux du Parti qui font blocus comme au cœur même du vide où règne un mystère qui pourrait bien coûter la vie aux évadés.

Site de l'auteur : http://gabytrompelamor.livejournal.com/

lundi 26 septembre 2016

Dracaenars, d'Alizée Villemin


J’ai découvert les écrits d’Alizée Villemin à travers son feuilleton steampunk, Lady Falkenna, dont l’univers fait de machineries étincelantes où se mêlaient révolution industrielle et magie, et de créatures hybrides mi bête mi machine, avait su me charmer. Avec Le silence des dragons, on change complètement de registre, pour aborder les rivages médiévaux de la fantasy jeunesse. Peut-être un peu trop jeunesse à mon goût, et c’est bien dommage, car il y a de très belles idées dans ce premier tome, intitulé Dracaenars.

Le récit s’attache aux pas de Maëlys, quinze ans, fille d’aubergiste sans avenir qui rêve d’aventures épiques et surtout d’échapper à l’auberge familiale, et Elenn, jeune noble rondelette à la recherche d’assurance et d’un sens à sa vie. L’auteur alterne leurs deux points de vue, et pas à pas, nous amène à découvrir ces deux jeunes femmes, leur passé, leur personnalité, leurs aspirations. Leurs quêtes respectives vont bien évidemment converger auprès d’un peuple chargé de veiller sur les derniers dragons, les Dracaenars. Seulement les grandes créatures sont bien mal en point...

Classique, c’est vrai. Mais malgré cette simplicité, difficile de ne pas se laisser charmer par la Forêt d’Amarante et ses décors si particuliers, par le peuple des Dracaenars et ses coutumes, ou encore par ces dragons en pleine dépression, leur mère intangible mais inquiète, ou le jeune tigre Leolio, tout bonnement adorable alors qu’il est censé être l’une des plus féroces créatures de la forêt ! L’univers est riche de possibilités, sombre et fascinant, tout à fait propice au fourmillement de l’imagination du lecteur.

De bien belles idées donc, mais une intrigue un peu basique et prévisible, et surtout des personnages vraiment trop stéréotypés, y compris Elenn que l’auteur a sans doute voulu rendre originale de part ses rondeurs, mais qui s’empresse de les lui faire perdre dès son arrivée dans la forêt ! Le style lui-même est également un peu trop simpliste. Les événements s’enchaînent trop rapidement, les problèmes se résolvent presque d’eux-mêmes, les ficelles sont un peu trop visibles à mon goût d’adulte habituée à lire de la fantasy...

Au final, une histoire qui reste sympathique et ravira probablement tous les pré-ados férus de fantasy et de dragons. L’univers est accrocheur, le rythme soutenu et le texte suffisamment court pour ne pas lasser. Un grand merci à Alizée Villemin pour cette découverte que l’enfant qui persiste en moi a su apprécier à sa juste valeur. Attention cependant, au-delà d’un certain âge, tout est un poil trop facile pour convaincre pleinement.

Note : ★★★☆☆

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Le Silence des Dragons, tome 1 : Dracaenars, d'Alizée Villemin
Éditions Lune Ecarlate (2016) - 180 pages - Support numérique - Fantasy

Lorsqu’une fille d’aubergiste fougueuse et sans le sou découvre un artefact aussi ancien que mystérieux ; lorsqu’une jeune noble délicate, en quête d’amour-propre, part à la recherche d’un peuple éteint depuis des siècles… Alors peut-être tout n’est-il pas perdu ? Peut-être réussiront-elles à mettre fin au Silence des Dragons…

Site de l'auteur : http://www.alizeevillemin.com/

samedi 24 septembre 2016

Boneshaker, de Cherie Priest


C’est avec pas loin de quinze jours de retard que je vous propose aujourd’hui la chronique d’un roman de Cherie Priest édité au Livre de poche à la fin du mois d’Août. Il s’agit du premier tome d’une saga steampunk intitulée Le siècle mécanique, qui nous ramène en 1880. Dans Boneshaker, on suit les traces de Briar et Zeke, mère et fils, au cœur de la ville américaine de Seattle transformée en ville fantôme après le passage d’une machine infernale. Le Boneshaker a certes tout ravagé mais il a surtout entraîné la libération d’un gaz, lequel transforme les gens en morts-vivants.

C’est ainsi que l’on découvre peu à peu un univers passionnant, un mélange très savamment dosé de steampunk, de western et de The Walking Dead ! Un roman original aux multiples facettes... Nous sommes dans une ville somme toute assez banale, Seattle, envahie par ce fameux gaz difficilement contenu par un gigantesque mur. Au cœur de l’enceinte, deux communautés : celles des Pourris, autrement dit les zombies, et celle des Oubliés, les survivants qui se terrent dans les souterrains et tentent de leur échapper. Et milieu de tout ça, un adolescent, Zeke, à la recherche de son passé, et sa mère, Briar, à la recherche de son fils !

Ce sont deux personnages attachants. Le garçon est intelligent mais impulsif, et comme tous les enfants de son âge, il n’écoute rien ni personne, et surtout pas sa mère. Une fois de l’autre côté du mur, il se retrouve bien évidemment dans les ennuis jusqu’au cou. Briar est veuve, elle a élevée son fils comme elle a pu, en travaillant beaucoup et en lui cachant un peu trop de choses. Elle vit dans l’ombre de deux des hommes de sa vie, son père et son mari, inventeur du Boneshaker. C’est une femme indépendante et pleine de ressources, et elle en aura besoin. Ils sont entourés d’une galerie de personnages issus de la communauté des Oubliés, ce qui nous permet d’en apprendre plus sur la vie des survivants dans la cité, leur lutte perpétuelle contre les Pourris, ou contre celui qui s’est emparé de Seattle, l’abject Dr Minnericht.

Le rythme de l’intrigue est assez lent, mais l’univers est si riche qu’on ne voit pas le temps passer. Les touches steampunk sont présentes sans être pesantes, la technique sert un but précis, et les différents mécanismes sont mis en avant à point nommé. Cherie Priest s’y entend vraiment bien pour construire une atmosphère étouffante, pleine de tension et d’incertitude. L’important ici n’est pas tant d’atteindre un but, se retrouver et sortir de la cité pour la mère et le fils, que toutes les découvertes réalisées en chemin, et elles sont nombreuses, tant pour le lecteur que les deux héros. Cela peut dérouter, mais en ce qui me concerne j’ai adoré, et je ne saurais trop vous recommander cet ouvrage à l’originalité conquérante. Un énorme merci aux éditions Le livre de poche pour cette formidable découverte !

Note : ★★★★☆

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Le Siècle Mécanique, tome 1 : Boneshaker, de Cherie Priest
Éditions Le Livre de Poche (2016) - 640 pages - Support papier - Science-fiction

Nous sommes en 1880. La Guerre Civile américaine fait rage depuis deux décennies, poussant les avancées technologiques dans d’étranges directions. Dans les Territoires de l’Ouest, les villes baignent dans des gaz mortels, alors que la terre est vidée de ses ressources. Sur la frontière entre le Nord et le Sud, les espions fomentent leurs complots et les trafiquants font plus d’argent que leur gouvernement.
C’est dans ce monde que vivent Briar Wilkes et son fils. Elle est la veuve de l’infâme Dr Blue, créateur du Boneshaker, la machine qui détruisit Seattle, perçant accidentellement une poche de gaz qui transforma les vivants en non-morts. Mais quand son fils décide de franchir le mur qui cerne Seattle en ruine dans l'espoir de réécrire l'histoire, elle doit le retrouver au plus vite avant qu’il ne lui arrive malheur. Sa quête la conduira dans une ville grouillant de morts-vivants affamés, de pirates de l'air, de seigneurs criminels et de réfugiés armés jusqu'aux dents. Seule Briar peut le ramener vivant.

Site de l'auteur : http://www.cheriepriest.com/

mardi 13 septembre 2016

Le livre des Baltimore, de Joël Dicker


Couronné par l’immense succès de La vérité sur l’affaire Harry Quebert, Joël Dicker était attendu au tournant avec son roman suivant, forcément. Dans Le livre des Baltimore, on retrouve son héros et alter ego Marcus Goldman, alors qu’il vient s’installer en Floride dans l’espoir d’y trouver l’inspiration pour son prochain roman. Ce sont ses souvenirs familiaux qui vont la lui apporter, et plus exactement la destinée de son oncle et de ses cousins, les Goldman-de-Baltimore.

Issu de la branche la plus modeste de la famille, celle des Goldman-de-Montclair, Marcus a passé toute son enfance et son adolescence en compagnie de ses cousins, au sein d’une famille à la réussite éclatante, qu’il adorait tout autant qu’il l’admirait. Et parfois la jalousait aussi... A tort ou à raison, telle est la question ! Car le brillant avenir de ses cousins, Hillel et Woody, a brusquement pris fin le jour du Drame. Et il vous faudra attendre les toutes dernières pages du roman pour connaître la nature précise dudit drame.

Si vous avez aimé La vérité sur l’affaire Harry Quebert, vous retrouverez ici les mêmes ficelles, et la même construction du récit autour de flashbacks. On navigue de l’enfance de Marcus dans les années 80 à sa vie d’adulte, dans les méandres d’une intrigue pleine de mystères et habilement construite. Différence notable cependant : il ne s’agit pas d’élucider un meurtre, mais de découvrir quelles circonstances ont mené au fameux jour du Drame. C’est une simple histoire de famille, en définitive, dont le dénouement est finalement assez prévisible, et c’est sans doute le seul bémol que je pourrais apporter à mon enthousiasme.

Car moi qui ne suis pas férue de littérature contemporaine, j’ai malgré tout dévoré ce roman. Joël Dicker est habile à ménager le suspens, et soutenir l’intérêt du lecteur. On ne s’ennuie pas, et même si les clichés sont nombreux, il dresse le portrait de personnages intéressants et d’une Amérique révolue dont certains sont probablement nostalgiques. Attention cependant à ce que la recette ne finisse pas par sentir le réchauffé ! Certaines facilités font de ce roman un bon divertissement, mais à mon sens pas un grand livre.

Une lecture commune avec ma Licorne préférée !

Note : ★★★★☆

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Le livre des Baltimore, de Joël Dicker
Éditions de Fallois (2015) - 476 pages - Support numérique - Contemporaine

Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l'auteur de La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Huit ans après le Drame, c'est l'histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu'en février 2012, il quitte l'hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s'atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu'il éprouva jadis pour cette famille de l'Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu'est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?

Site de l'auteur : https://joeldicker.com/

mardi 30 août 2016

La république des voleurs, de Scott Lynch


Six ans après la parution du second volume de la série, La république des voleurs nous offre enfin la suite des aventures de Locke Lamora et de son complice Jean. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore, je les engage vivement à découvrir cette saga, mais en attendant, qui sont ces Salauds Gentilshommes ? Des voleurs, tout simplement, de sympathiques escrocs au grand cœur capables de monter de gigantesques arnaques sans faire preuve d’aucun excès de violence. Et ce sont de sacrées retrouvailles que l’auteur nous a concoctées là.

On retrouve Jean et Locke quelques semaines après la fin du tome précédent, et en bien mauvaise posture. Empoisonné, Locke est à l’article de la mort et sa seule chance de survie est entre les mains de ses pires ennemis, les mages-esclaves. A l’injonction de Jean, et malgré leur méfiance viscérale envers les mages, tous deux vont accepter une mission qui va les confronter au seul et unique amour de Locke, une femme avec laquelle ils ont été élevés, une ancienne Salope, Sabetha.

J’avais trouvé quelques longueurs à Des horizons rouge sang, pour au final m’incliner bien bas face à l’habileté de l’auteur et de ses personnages à monter une arnaque aussi bien pensée. Ici, pas vraiment d’arnaque, il est question de politique, une élection pour être exacte, et de l’affrontement d’un adversaire qui les connaît par cœur, et qui tire les ficelles du cœur d’artichaut de Locke. C’est mon seul regret, la seule raison pour laquelle ce roman n’a pas été un coup de cœur. J’attendais une nouvelle arnaque, et j’en ai été pour mes frais.

Malgré tout, le récit reste passionnant, ne vous y trompez pas. Extrêmement dynamique, on y retrouve en outre, presque avec délectation, les flash-backs initiés dans Les mensonges de Locke Lamora, premier tome de la saga, dans l’enfance de Locke. La virtuosité de Scott Lynch à mener deux intrigues de front au sein d’un même roman m’épatera toujours. On avait entendu parler de Sabetha dans les deux tomes précédents, mais on fait ici réellement sa connaissance. On la découvre jeune, alors qu’elle faisait partie des Salauds Gentilshommes, puis devenue adulte. Et ses relations avec Locke sont capitales dans la construction de la personnalité de notre héros.

Autre point très important, et qui nous prouve si besoin était que Scott Lynch a de la suite dans les idées, l’énigme initiale du nom de Locke Lamora, son véritable nom, et de son passé, rejaillit ici. Et c’est une véritable claque pour le lecteur ! Je n’entrerai pas dans les détails pour ne pas vous spoiler, mais il est clair que ce mystère fait de ce troisième tome une transition idéale vers une intrigue qui s’annonce encore plus passionnante !

Un roman qui a su balayer toutes les réserves qu’avait pu induire le second tome et qui me laisse plus fébrile que jamais dans l’attente de La Ronce d’Emberlain, dont la parution en version originale est prévue à la fin du mois de septembre prochain.

Note : ★★★★★

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Les Salauds Gentilshommes, tome 3 : La république des voleurs, de Scott Lynch
Éditions Bragelonne (2014) - 668 pages - Support numérique - Fantasy

Après le plus grand casse de leur carrière, Locke et son inséparable complice, Jean, ont réussi à s’échapper. Mais Locke ne s’en est pas tiré indemne : empoisonné, il est mourant. Aucun alchimiste n’est en mesure de l’aider. Alors que le moment fatidique approche, une mystérieuse Mage Esclave lui propose un marché qui le sauvera ou mettra un terme à ses souffrances. Locke hésite, jusqu’à ce que la mage mentionne le nom d’une femme qu’il a connue par le passé. L’amour de sa vie. Sa rivale en matière d’habileté et d’intelligence. Et, s’il accepte cette mission, son plus dangereux adversaire. À l’approche des élections de la cité des mages, les différentes factions recrutent leurs stratèges. Locke doit faire un choix : affronter ou séduire celle qu’il n’a jamais pu oublier. Leurs vies dépendent peut-être de sa décision…

Site de l'auteur : http://www.scottlynch.us/